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lecture

 

famille ours bleu

Il était une fois une famille d’ours bleus. Papa ours récoltait le miel dans le tronc des vieux arbres ; maman ours reprisait les couvertures et cousait des habits d’hivernage, et trois petits ours turbulents cabriolaient dans l’herbe et escaladaient les rochers.

Ils vivaient sous un ciel toujours bleu, au bord d’un immense lac aux eaux bleues, et, comme les caméléons, leur fourrure avait pris la couleur du monde qui les entourait. Comme ça, les chasseurs ne les voyaient pas, ni les saumons qui remontaient les rivières qu’ils attrapaient d’un seul coup de patte.

Des ours comme ça, il n’en existait nulle part ailleurs. Il y avait les ours blancs, qui avaient pris la couleur des banquises ; les ours bruns des forêts, au pelage couleur de l’écorce des arbres et des feuillages d’automne ; mais des bleus, il n’y avait qu’eux.

Un jour, papa ours déclara qu’il avait gagné beaucoup d’argent en vendant le miel. « Nous allons partir en vacances », dit-il à ses enfants. « Allez chercher la pirogue, les rames et les cordages, demain nous partons en vadrouille de l’autre côté du lac. »

Maman ourse fit un grand sourire, c’étaient ses premières vacances ; elle rangea au fond de leur grand terrier d’hivernage ses broderies, ses fils de toutes les couleurs, ses pelotes de laine, et elle boucha l’entrée avec des branches. Elle avait mis dans un sac quelques morceaux de tissu, une ou deux bobines de fil, deux ou trois aiguilles et un rouleau de peluche.

Le lendemain, au lever du jour, la famille Ours bleu embarqua sur la pirogue. Tout était bleu, l’eau, le ciel, la coque, les rames et les cordages. Papa ours mit le cap vers l’autre rive… Pas un bruit sur le lac. À travers l’eau limpide, ils apercevaient des saumons et des herbes marines qui dansaient. Le soir, la pirogue a raclé le fond du lac.

— Nous sommes arrivés, dit papa ours.

Devant eux, une forêt bordait le rivage. Ils déchargèrent la pirogue en se demandant où ils étaient. Maman ourse murmura :

— Ne faites pas de gestes brusques, des animaux nous regardent.

Les trois petits ours tremblaient de peur.

— N’ayez pas peur, ils ne semblent pas méchants…

Tout autour d’eux, des écureuils, des lapins, des blaireaux, des cailles, des faisans, des hiboux, des sangliers, des cerfs regardaient la famille d’ours bleus qui débarquait.

Et puis tout ce petit monde se mit à parler, tous en même temps : « Quelle drôle de couleur ! On les voit de loin, ces ours ! Regardez comme ils luisent dans le soleil ! »

Quand la nuit tomba, les animaux de la forêt étaient toujours là à contempler la famille Ours qui brillait sous les rayons de lune…

— Les enfants, dit papa ours, nous avons changé de monde et quelque chose ne va pas ici.

Sous les arbres, dans l’obscurité de la forêt, ils brillaient tous les cinq comme des vers luisants.

— Chez nous, notre couleur nous protégeait. Ici, on ne voit que nous !
— Nous sommes en danger, ajouta maman ourse, pas moyen de nous dissimuler aux yeux des chasseurs. Vous pensez, une fourrure bleue, c’est unique, tous la voudront…
— Alors que devons-nous faire ?
— Rentrer chez nous

Mais le courant avait emporté la pirogue…

La famille Ours bleu s’endormit, cachée sous des buissons. Au lever du jour, ils étaient tous les cinq aussi bleus que la veille. Mais il faudrait bien sortir un jour de la forêt… Un jour, un chasseur finirait par les voir et alors, quel beau trophée qu’un ours bleu !

Les animaux de la forêt n’en finissaient pas de parler de ces ours bleus : « Mais d’où viennent ces drôles d’ours ? D’un pays imaginaire ? D’une contrée lointaine où tout est bleu ? D’un cirque, d’un refuge pour animaux perdus ? »

Et justement, maman ourse, qui se demandait où ils pourraient être en sécurité, pensait à s’en aller habiter un refuge pour animaux perdus. Elle avait entendu dire que les animaux y étaient à l’abri…

Les voilà partis à travers la forêt et les champs pour chercher un refuge…

— Marchez trois jours tout droit, leur avait expliqué une belette en faisant de grands gestes avec ses petites pattes… Le refuge se trouve pas loin d’un village que vous apercevrez de loin en voyant un coq, sur le clocher de l’église, qui tourne avec le vent. Demandez à voir le directeur. C’est un homme bon qui protège les animaux…

Le directeur accueillit la famille Ours bleu avec beaucoup de gentillesse, et de curiosité aussi. Maman ourse expliqua qu’aucun autre ours bleu n’existait sur la terre et qu’il était important de protéger des exemplaires uniques dans le monde, encore plus rares que le panda blanc, la panthère des neiges ou le tigre de l’Himalaya. Elle fit une pirouette pour bien montrer qu’elle était bleue de partout, entièrement, de la tête aux pieds. Le vieux directeur n’en revenait pas. Aucune de ses encyclopédies ne parlait d’ours bleus. Comment ne pas protéger ce miracle de la nature ? Il leur offrit une grotte où entrait le soleil.

Tous les animaux voulaient les voir et se pressaient devant la grotte. Au début, les chameaux, les girafes et les vieux lions étaient jaloux de leur célébrité et puis, avec la sagesse des animaux qui est bien plus grande que celle des humains, ils retournèrent à leur tranquillité.

La famille Ours bleu vécut de longues années dans le refuge. Les trois ours bleus se marièrent avec trois ourses brunes, et c’est ainsi que naquirent des ours bruns avec des taches bleues qui avaient la forme de lacs. Plus tard, de nouveaux ours naquirent et le bleu de leur fourrure disparut peu à peu.

Longtemps après, trois petits ours aventureux, bercés par l’histoire du pays bleu que leur racontaient tous les soirs leurs parents, décidèrent de partir à sa recherche. Avec le temps, ils avaient pris la couleur de l’écorce des arbres et des feuillages d’automne des ours de la forêt… Le coq du clocher leur montrait la route. Ils marchèrent trois jours, à l’ombre des sous-bois, à la lisière des champs de blé, dans le lit des torrents, et un soir, le lac apparut. Au loin, une rive baignait dans la brume. Ils construisirent un radeau de branches et de lianes, des petites pagaies avec des joncs tressés, et le lendemain ils quittèrent le pays où ils étaient nés.

Le radeau glissait sur l’eau limpide. Le soleil, après être monté en haut du ciel descendait maintenant sur l’horizon. Quand ils ont touché terre, l’un d’eux a dit : « Regardez, nous sommes devenus bleus, le ciel est bleu, l’eau du lac, les prairies, les rochers aussi… Nous sommes de retour au pays de la vie sauvage et du bonheur des ours. »

De l’autre côté de la rive, le refuge accueillait tous les animaux que menaçaient les humains. En souvenir de cette famille d’ours bleus arrivée un beau matin, il s’appelait maintenant « Le refuge des Ours Bleus ». Et tous les soirs, le vieux directeur regardait un film muet qu’il sortait d’une grande boite en bois : Une journée ordinaire de la famille Ours bleu. À la fin, il poussait un grand soupir et buvait sa tisane… Qu’étaient devenus les trois galopins, ces oursons fugueurs que personne n’avait jamais plus revus ? Quelques petites larmes coulaient de ses yeux pendant qu’il regardait la lune bleue qui passait sans rien dire dans la nuit en lui faisant un clin d’œil. Elle connaissait le pays bleu…

7 mai 2020

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la lecture du jour : Grand-Mère s’en va-t-en guerre

Grand-mère a été une petite fille, elle aussi. Ça me fait toujours rire quand elle me dit ça. Petite fille ? En short, avec des tongs et des T-shirts ? Noooon ! Non. Elle est honnête Grand-mère, elle ne raconte pas n’importe quoi (pas de balivernes, c’est son mot à elle). Quand elle était petite, c’était la guerre. La vraie. Dans son pays ! On n’avait pas encore inventé les tongs. Mais les tanks et les fusils et les bombes, oui. Tout cela existait depuis très longtemps. Et la méchanceté aussi.

J’ai peur et en même temps, j’aime bien quand elle me raconte des histoires de ce temps-là. Grand-mère, qui vivait loin dans une ville du Nord, avait été obligée de traverser toute la France avec sa famille, pour fuir les bombardements et éviter la mort. Elle s’était réfugiée dans un village du Sud ; cela s’appelait la « zone libre » parce que les soldats ennemis n’y étaient pas encore arrivés. Les gens du village avaient prêté des maisons, des meubles. Mais Grand-mère n’était pas très heureuse ; tout lui manquait : son papa – qui était prisonnier de guerre – son école, ses affaires qu’elle avait laissées dans sa vraie maison.

Malgré tout, les voisins de Grand-mère, Monsieur et Madame V., étaient très gentils. Ils étaient vieux. C’est pour cela que Monsieur V. n’était pas parti faire la guerre. Grand-mère dit qu’il « n’avait pas été mobilisé ». C’était pourtant un homme très courageux. Il était résistant. Mais ça, Grand-mère ne l’a su que beaucoup plus tard, quand la guerre a été finie.

Et puis, les soldats ennemis ont fini par arriver. Ils se sont installés partout. Il n’y avait plus de zone libre. Ils surveillaient tout, on ne pouvait pas se déplacer comme on voulait, où on voulait, quand on voulait. À tout moment, on risquait de se faire contrôler. Il fallait montrer ses papiers, dire où on allait, pourquoi on y allait. C’était très compliqué et parfois dangereux.

Un soir, quelqu’un a frappé à la porte, fort, très très fort. Dehors, il faisait nuit noire. Dans la rue, à cette époque-là, il n’y avait pas de lampadaires, même pas la plus petite lanterne. Et ce soir-là, ni lune, ni étoiles non plus. La maman de Grand-mère va ouvrir. Un soldat immense masque presque toute l’ouverture. Dans la pénombre, on aperçoit sa voiture stationnée juste devant la maison, avec un autre homme au volant.

Grand-mère, blottie dans les jambes de sa maman, a presque le nez sur l’arme du soldat. Elle a envie de pleurer, de crier. Sa maman lui prend la main et la serre fort. Grand-mère n’est pas vraiment rassurée, mais elle comprend qu’il faut se taire. Sa maman lui a très souvent expliqué ces choses et lui a enseigné ce qu’il faudrait faire, au cas où les soldats viendraient à la maison :
— Ne parle pas, ne pleure pas. Si je te serre la main très fort et te demande d’aller te coucher, vite disparais ! Mais au lieu d’aller dans ta chambre, passe par la petite porte de derrière sans faire de bruit, pendant que je continue à parler avec les soldats. Fais vite, très vite ! Tu frappes trois coups – pas plus, trois coups, c’est tout ! – à la porte de la cuisine de Monsieur et Madame V. Tu dis « Ils sont là » et tu reviens en courant.

Le soldat a un drôle d’accent ; quand il parle, on dirait qu’il crache des clous et des marteaux.
— Va te coucher ma grande ! ordonne sa maman.
Grand-mère file. Elle a le temps d’entendre sa mère répondre très calmement au soldat :
— Pouvez-vous répéter ? Je n’ai pas bien compris.
Pourvu qu’il ne s’énerve pas, pourvu qu’il ne frappe pas, pourvu… Mais il n’y a pas de temps à perdre. Elle réfléchira plus tard.

La petite porte est bien huilée, elle ne grince pas. Grand-mère est dans la nuit, elle avance le plus vite possible, à l’aveuglette dans l’herbe et la terre du jardin ; elle piétine les semis, tant pis. Heureusement, il n’y a pas de clôture qui sépare les deux propriétés. Enfin, le mur de la maison des voisins : dans le noir, Grand-mère se guide en tâtonnant sur les pierres. Voici la porte de la cuisine. On aperçoit un minuscule rai de lumière. Vite, vite, il faut frapper sans hésiter. Assez fort pour donner l’alerte mais sans être entendue par les soldats. Grand-mère respire à fond et toc, toc, toc. Tout de suite Monsieur V. entrouvre.
— Ils sont là ! dit Grand-mère dans un souffle et elle repart en vitesse, mais discrètement. Elle piétine une seconde fois les plates-bandes du jardin, se faufile par la porte arrière de la maison.

Elle trouve sa maman calmement installée à la table de la cuisine, en train de repriser une chaussette de laine, dans la douce lumière de l’abat-jour. Grand-mère a l’impression de se réveiller d’un cauchemar. Toutes les choses sont à leur place. Sa maman lui sourit :
— As-tu fait comme je t’avais expliqué ?
— Oui maman.
— Très bien, va te coucher.
Elles s’embrassent fort, comme si elles ne s’étaient pas vues depuis longtemps.

Le lendemain matin, en partant à l’école, Grand-mère a croisé Monsieur V. Il avait l’air encore plus vieux et fatigué que d’habitude, mais il lui a fait un grand sourire. À midi, un énorme panier de pommes trônait dans la cuisine. Un cadeau des voisins.

Quand la guerre a été finie, Grand-mère a appris que grâce à elle et à sa maman, Monsieur V. avait pu se cacher avant que les soldats n’arrivent chez lui. Le parachutiste anglais, qui était dans la cave, avait eu également le temps de s’enfuir. La maman de Grand-mère avait gagné de précieuses minutes en discutant avec le soldat pendant que Grand-mère courait de toutes ses petites jambes pour alerter les voisins.

Grand-mère et sa maman ont reçu chacune une médaille pour ce qu’elles ont fait. Grand-mère m’a promis de me donner la sienne. Elle ne la porte jamais. Cela lui rappelle trop sa peur cette nuit-là et pendant tout le temps de la guerre. Ce n’était pas facile d’être une petite fille à cette époque-là.

jeudi 30 avril

bonjour à tous et bon retour avec nous 

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Lecture : La tortue téléportée

Tout avait commencé alors qu’Aria promenait Sherlock le long de la rue des Mauvais Vents.
C’était les vacances. Pour faire plaisir à Maman, Aria avait refermé à regret son livre – il ne restait que six statuettes après que Rogers ait été retrouvé mort tandis qu’il coupait du bois et Aria n’était pas convaincue que Miss Brent soit la coupable – pour sortir Sherlock.

— Chérie, avait dit Maman sans lever les yeux de sa tablette, tu ne peux pas passer toutes tes journées plongée dans tes livres, la vraie vie est dehors tu sais. Sors un peu, ça te fera du bien. Fais-le au moins pour le chien, il adore ça.

Les regards d’Aria et de Sherlock s’étaient croisés, tous deux avaient soupiré avant de se lever pour se diriger vers la porte d’un pas traînant. Peine perdue, Maman souriait en faisant défiler Dieu sait quoi sur son écran et ne captait rien des manifestations de mauvaise grâce des deux expulsés.
Au moins il faisait beau. Le vent qui soufflait encore quelques minutes plus tôt était tombé après avoir chassé les derniers nuages. Il n’y avait pas grand monde dans les rues, rien qui puisse détourner les pensées d’Aria de Dix petits nègres. Qui serait la cinquième victime ? Qui était l’assassin ? Était-ce l’un des six survivants ?

Arrivée au pied de la montée des Vignes, Aria remarqua un skateboard abandonné sur la chaussée, près du trottoir. Elle reconnut celui de Pedro, un garçon qui était dans la même classe qu’elle. La planche de Pedro était rouge et une tête stylisée de taureau y était peinte en noir. On ne pouvait la confondre avec aucune autre. Aria regarda autour d’elle, mais il n’y avait aucune trace de son ami. Pas plus dans la rue que dans le jardin public tout près duquel Sherlock et elle se trouvaient. Pedro n’était pas du genre à laisser traîner ses affaires, et ce skate moins que toute autre. Le père de Pedro avait parcouru les trottoirs de Barcelone sur cette planche lorsqu’il avait son âge. Il l’avait offerte à son fils deux ans plus tôt, lorsqu’il était rentré au pays, après le divorce.

— Je sais, dit Aria en regardant Sherlock, cette planche n’a aucune raison de se trouver ici si Pedro n’y est pas !

Le chien approuva d’un battement de queue.
Aria tourna la tête vers la montée des Vignes. Pedro habitait une maison tout en haut, avec sa mère et son jeune frère. La jeune fille ramassa la planche et, Sherlock sur ses talons, gravit la côte.
C’était le branle-bas le combat dans le jardin des Nuñez. Le frère de Pedro tournait à quatre pattes autour de la balançoire, écartant les herbes hautes et y enfouissant parfois la tête, tandis qu’une dame âgée – sa grand-mère ? – jetait l’un après l’autre au milieu du jardin les coussins empilés sous l’auvent. Ici non plus, aucune trace de Pedro.

— Excusez-moi… hasarda Aria, par-dessus la haie basse, grillagée, qui fermait le jardin.

Personne ne sembla l’entendre.

— Excusez-moi, répéta-t-elle plus fort, est-ce que Pedro est là ?

Elle ne put retenir un cri quand le garçon surgit de derrière la haie.

— Eh, salut Aria, dit-il en brossant de la main son jean. Désolé de t’avoir fait peur. J’étais dans la haie.

Il portait un tee-shirt trop grand à l’effigie d’un vieux groupe de rock et un bonnet en laine dont dépassaient des mèches de ses longs cheveux noirs.
Puis, avisant le skateboard qu’Aria serrait contre elle, il dit :

— On dirait… Mais c’est mon skate ! Qu’est-ce que…
— Je l’ai trouvé en bas, vers le jardin public. Il était dans la rue.

Pedro regarda vers la maison.

— Je l’avais pourtant rentré.
— T’es sûr que tu l’as pas laissé sur le trottoir ? demanda Aria. Sinon comment aurait-il roulé jusqu’en bas ?
— Non ! Jamais de la vie ! C’est le skate de mon père, quand même. Tu sais bien ! Ou alors… ajouta-t-il en se tournant vers son frère qui, toujours à quatre pattes, élargissait les cercles qu’il traçait autour de la balançoire. Non, il sait qu’il n’a pas le droit d’y toucher. Il s’est suffisamment fait disputer la dernière fois. En tout cas, merci de l’avoir retrouvé !

Aria lui tendit la planche par-dessus la haie.

— Il se passe quoi, ici ? demanda-t-elle en regardant le jardin, étonnée par ce qu’elle y voyait.

Le frère de Pedro était maintenant hissé sur la balançoire, débout, et à la manière d’une vigie il examinait le jardin depuis son poste d’observation, la main en visière, tandis que la grand-mère – Aria se souvenait maintenant qu’elle était venue d’Espagne pour passer les vacances avec sa fille et ses petits-enfants – disparaissait derrière le tas de bois sous l’auvent.

— C’est la tortue de Juan, répondit Pedro. On sait pas où elle est. C’est pas son genre de disparaître. C’est pas une aventurière.
— Pétunia, c’est ça ?
— Euh… Oui. On cherche partout mais on ne la retrouve pas.
— Je peux vous donner un coup de main ? proposa Aria.

Sherlock hocha la tête de satisfaction et Pedro leur ouvrit le portillon.
Après quelques minutes de vaines recherches, Sherlock vint se planter devant Aria.

— Il faut en revenir aux faits, lui souffla-t-il, avec ce ton agacé qu’il prenait toujours dans ces cas-là, et à leur chronologie. Combien d’affaires mystérieuses sont-elles résolues grâce à un examen froid et logique des faits ?

Dieu merci, personne d’autre qu’Aria n’entendait les conseils que lui adressait son chien.

— Ça va, rétorqua-t-elle sans desserrer les dents et en le regardant de haut. J’allais le faire. Qu’est-ce que tu crois ?

D’un battement de queue las, Sherlock lui fit comprendre qu’il n’était pas dupe mais qu’il ne souhaitait pas en débattre davantage.

— Bon, lança Aria, faut se rendre à l’évidence : si la tortue n’est pas dans le jardin, c’est qu’elle est ailleurs.
— Quelqu’un l’a volée, gémit Juan. C’est les Chinois. Grégoire m’a dit que les Chinois mangent de la soupe de tortue. Il a vu ça dans un restaurant. C’est un coup des Chinois, c’est sûr !
— Quels Chinois ? répliqua Pedro, agacé. Où as-tu vu des Chinois, par ici ?
— Ben, et ceux de l’autre côté de la rue ?
— Yoko ? Mais elle est japonaise, Yoko, pas chinoise !
— Alors des sushis à la tortue, peut-être ?
— On ne s’emballe pas ! coupa Aria. La dernière fois que quelqu’un a vu Pétunia, c’était quand ?

Pedro se tourna vers Juan. Celui-ci haussa les épaules et répondit :

— C’était quand je lui ai apporté une feuille de salade, pour son goûter. Vers quatre heures.

Aria hocha la tête, d’un air pensif.

— Et vous avez constaté sa disparition quand ?
— C’est ma grand-mère qui s’en est rendu compte, dit Pedro. Il y a un quart d’heure, à peu près. C’est bien ça, Abuelita ?
— Si, répondit la grand-mère en émergeant de derrière le tas de bois de chauffage, sous l’auvent, la frontale avec laquelle elle explorait ce coin sombre encore allumée. Quince minutos.
— Ok, dit Aria en jetant un coup d’œil vers Sherlock.

Le chien faisait mine d’observer un papillon, la tête penchée sur le côté. Il tirait la langue à la manière d’un chien ordinaire, ce qui lui donnait un air inoffensif. Mais Aria n’était pas dupe. Sherlock ne perdait pas une miette de ce qui se disait. Il attendait simplement le moment propice pour l’humilier, en résolvant cette disparition avant elle. Elle ne devait pas lui laisser l’initiative.

— Ça laisse à peine une demi-heure entre les deux observations, dit-elle en regardant sa montre. Où était Pétunia quand tu lui as apporté son goûter ? ajouta-t-elle en se tournant vers Juan.
— Pourquoi tu l’appelles Pétunia ? lui demanda le jeune garçon en fronçant les sourcils. Elle s’appelle pas Pétunia, ma tortue ! C’est pas une fleur. Son nom c’est Pequeña.

Aria se tourna, vers Pedro, interrogatrice.
Son ami hocha gravement la tête.

— J’ai pas osé te reprendre, Aria. Je voulais pas que tu te vexes.

Il sembla à Aria que Sherlock ricanait, mais le mieux était de l’ignorer.

— D’accord, dit-elle. Pequeña. Elle était où, Pequeña ?

Juan pointa du doigt le petit bassin qui se trouvait près du mur, entre deux rosiers.

— D’accord, dit à nouveau Aria.

Puis, se tournant vers la cour goudronnée qui succédait au jardin et descendait légèrement vers la porte donnant sur la rue, close.

— Et le portillon était fermé ?
— Oui, comme toujours, répondit Pedro. On le laisse jamais ouvert. À cause de la tortue, justement.
— Le portillon était fermé, et le skateboard était à l’intérieur, c’est bien ça ?
— Ben… oui.

La voix de Pedro était soudain moins assurée et il se tourna vers son frère.

— La porte était fermée quand Abuelita a dit qu’elle ne trouvait pas la tortue, se dépêcha de dire Juan. Elle était fermée, je le jure.

Sa voix tremblait.

— Oui mais, un peu avant qu’elle s’en aperçoive ? insista Aria.
— Juan ? demanda la grand-mère. Dime la verdad.

Le garçon se mit à pleurer.

— Elle était pas dans la rue quand j’ai fermé la porte, parvint-il à articuler entre les larmes. J’ai regardé. Pequeña va pas assez vite pour aller plus loin que je pouvais voir. Ça faisait pas plus de dix minutes que je lui avais donné sa feuille de salade quand j’ai fermé la porte. Elle était pas dans la rue. Alors c’est qu’elle était forcément dans le jardin.
— Compte tenu du fait qu’une tortue se déplace à deux cent cinquante mètres à l’heure, en dix minutes elle peut parcourir une quarantaine de mètres, environ, dit Sherlock en baillant. En supposant qu’elle se soit mise en marche sans prendre le temps de manger son goûter, qu’elle ne se soit pas arrêtée une seconde, et qu’elle soit allée en ligne droite, elle aurait été, au pire au milieu de la rue. Le gamin n’aurait pas pu la rater. Sauf…

Aria jeta un regard inquiet autour d’elle. Comme toujours, elle était la seule à avoir entendu la pédante leçon de son chien. Elle fronça les sourcils en direction de Sherlock et celui-ci se dirigea vers le portillon.

— Suivez-moi, dit Aria en dépassant son chien à grandes enjambées.

Elle ouvrit le portillon et descendit la montée des Vignes, suivie de la famille Nuñez et de Sherlock.

Revenue à la rue des Mauvais Vents, elle regarda le sol, puis se tourna vers la montée par laquelle ils étaient arrivés, les autres formant un demi-cercle autour d’elle. La grand-mère avec sa frontale allumée, Juan qui continuait de pleurer doucement, se disant sans doute que les larmes le protégeaient d’une punition, et Pedro, son skateboard toujours sous le bras.

Suivant des yeux une trajectoire qui descendait depuis la maison des Nuñez jusqu’au point où ils se trouvaient, Aria dit à Pedro :

— C’est là que j’ai trouvé ton skate.

À son tour Pedro regarda vers sa maison puis, prenant sa planche entre ses mains, il secoua la tête.

— Pourtant, murmura-t-il, je l’ai rentrée, j’en suis sûr. Je me revois le faire.
— Ce que les humains sont lents, marmonna Sherlock. Faut pas s’étonner que vous ne soyez pas capables de régler les problèmes de cette planète si vous n’êtes même pas capables d’additionner deux plus deux !

Aria se retint de renvoyer le chien à la maison à coups de pied dans les fesses.
Juan se mit à pleurer plus fort, attirant l’attention bien malgré lui.

— Pardon, pardon, pardon ! implora le jeune garçon.
— Bon sang, Juan, cria Pedro, tu m’avais promis…
— Ne lui en veux pas trop, Pedro, dit doucement Aria. Après tout, c’est aussi le skate de son père. Il a eu envie d’en faire un peu dans la rue. Mets-toi à sa place.
— Mais pourquoi l’a-t-il laissé ici ? Quelqu’un aurait pu le voler !
— Je l’ai pas laissé ici ! se défendit Juan, entre deux sanglots. Je suis juste resté devant la maison. J’en ai vraiment pas fait longtemps. Je suis vite rentré. Et j’ai oublié de fermer le portillon…
— Et dans ta précipitation, compléta Aria, tu as laissé le skate dans la cour, devant la maison, c’est ça.

Le jeune garçon hocha vigoureusement la tête en s’essuyant les yeux. Sa grand-mère lui tendit un mouchoir et l’attira contre elle pour l’apaiser.

— Ça ne nous dit pas comment mon skate s’est retrouvé ici, dit Pedro. Ni où est Pequeña.

Aria se tourna vers le jardin public, qui faisait face à la descente, et dit :

— À mon avis, elle n’est pas loin d’ici… !

D’un jappement bref, Sherlock confirma. Il était planté devant un massif à quelques mètres d’eux et remuait vigoureusement la queue.
Juan se précipita vers le chien. Quelques secondes plus tard, il émergeait d’entre deux orangers du Mexique couverts de petites fleurs blanches, la tortue entre les mains.

— Comment tu as deviné ? demanda-t-il, admiratif, en dévisageant Aria.

Puis, en regardant vers sa maison, si loin qu’on ne pouvait la voir, il ajouta, songeur :

— Et comment Pequeña a-t-elle fait pour arriver jusque-là, aussi vite ? Vous croyez qu’elle s’est téléportée ?

Aria jeta un rapide coup d’œil vers Sherlock.

— Élémentaire, dit-elle. Ni téléportation, ni magie. Seulement la gravité.

Elle désigna du menton le skateboard que Pedro tenait sous son bras.

— Tu as dû laisser le skate contre la bordure qui sépare le jardin de la cour. Ta tortue est montée sur le skateboard de ton frère, par hasard, et sous son poids il s’est mis à rouler et a suivi la pente de la cour, franchi le portillon ouvert, puis dévalé la rue. Arrivé en bas, il a buté contre le trottoir et Pequeña a été projetée dans les airs pour atterrir dans ces massifs.
— Ouah, dit Juan, en serrant plus fort sa tortue contre lui et en embrassant le sommet de sa petite tête.
— Une vidéo de Pequeña qui descend la montée des Vignes sur un skate… murmura Pedro, rêveur, en regardant la tortue dans les bras de son frère. Vous imaginez le nombre de vues que ça ferait sur YouTube ?

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